José Bové rejette toute négociation avec le Parti socialiste
AP | 05.04.2007 | 14:55
Le candidat antilibéral José Bové entend contribuer à "battre la droite et l'extrême droite", mais il refuse toute négociation avec le Parti socialiste et invite les électeurs à ne pas céder à la tentation du "vote utile" en faveur de Ségolène Royal.
"Les deux projets sont différents. (...) D'un côté, on accompagne le libéralisme, de l'autre on dit qu'il faut rompre avec la logique libérale", a résumé José Bové, interrogé jeudi par l'Associated Press au sujet de ses relations avec le Parti socialiste. Il n'y a donc "aucune négociation" et "il n'est pas question d'accord ou de quoi que ce soit" entre le PS et le mouvement antilibéral dont est issue sa candidature, a-t-il assuré.
Les antilibéraux participeront aux législatives de juin et aux municipales de 2008 sans accord préalable avec les autres partis de gauche. "Si on a des candidats qui peuvent arriver, dans certains endroits, en tête (...) on verra ce que feront les autres" a-t-il cependant ajouté, sans exclure d'accepter un coup de pouce ponctuel venu d'autres formations.
En attendant, il appelle à rejeter le "vote utile" mis en avant pour inciter les électeurs de gauche à choisir le bulletin socialiste dès le premier tour afin d'éviter un "21-avril bis". A ses yeux, la responsabilité de la défaite de 2002 incombe avant tout à Lionel Jospin. "S'ils avaient, au Parti socialiste, un mauvais candidat qui n'a fait que" 16,18% des voix, "ça n'est pas de ma faute", ni celle des autres candidats de gauche, a-t-il balayé.
"S'il y a deux tours, c'est bien parce que le premier tour est fait pour qu'on vote pour ses convictions et ses choix. On ne vote pas pour le moins pire, on vote pour choisir", a souligné José Bové.
L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne appelle donc ses sympathisants à utiliser leur bulletin pour "rompre avec la logique libérale" et provoquer une "insurrection électorale". Même s'il reconnaît ne pas avoir une grande chance de se qualifier pour le second tour, il affirme que sa candidature permettra "qu'on sorte de cette logique où les partis confisquent la parole" et qu'elle fait écho à "l'inspiration démocratique à participer" au débat politique apparue lors du référendum sur la Constitution européenne en 2005.
"Mon objectif, c'est de permettre aussi à des gens qui étaient jusqu'à présent abstentionnistes parce qu'ils ne croyaient pas à la politique de se dire: 'on peut s'engager parce qu'on ne va pas se faire récupérer'", a-t-il souligné.
Mais "même si je ne suis pas en accord avec Ségolène Royal, il est évident que je fais la différence entre la droite et la gauche", a-t-il répété, laissant entrevoir qu'il pourrait soutenir la candidate socialiste si elle était présente au second tour. "J'ai toujours dit de manière très claire qu'il faut battre la droite et l'extrême droite. Je n'ai pas d'état d'âme." AP